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Je suis le jardinier de mes rêves. Les rêves sont comme les semences que l’on enfouit dans le jardin et puis elles disparaissent à notre vue. Mais on y songe de temps à autre et on les arrose. Et un jour on voit poindre une petite pousse et en continuant à l’arroser ont fini par obtenir une belle fleur, un fruit délicieux.

Parmi mes rêves d’enfant, la DS à une place de choix.

Je trouvais cette voiture exceptionnelle. J’admirais sa ligne, sa souplesse, son confort. Tout me séduisait en elle.

Parmi les bons arrosages de ce rêve, il y a eu l’expérience d’une première balade dans la déesse de mon oncle Pierre quand j’avais six ans. Plus tard, une expédition avec la déesse de mon oncle Claude lorsque j’étais adolescent. Et puis, de temps à autre, lors de reportages historiques de cette époque à la télévision, on pouvait revoir le grand Charles dans sa déesse, c’était chaque fois une pluie bienfaisante qui entretenait le rêve. Tous ces arrosages ont porté leurs fruits.

Aujourd’hui, la semence a germé et j’ai pu voir mon rêve se réaliser : le fruit est mûr. J’ai pu acquérir une magnifique DS et c’est avec une grande fierté et un immense plaisir que je veux vous la faire connaitre.

La DS, et sa déclinaison simplifiée l’ID, fut commercialisée par Citroën entre 1955 et 1975, tout d’abord en berline puis en break et cabriolet. Le « D » vient probablement de l’usage du moteur le plus récent alors de Citroën, le moteur D, qui avait équipé juste avant la 11 D, qui fut le dernier modèle de la fameuse « traction avant », comme elle était populairement nommée. Bien entendu, l’ID et la DS reprennent le principe de la traction par l’avant, qui a fait la renommée de Citroën.

Dessinée par le designer italien Flaminio Bertoni, en collaboration avec André Lefebvre, ingénieur issu de l’aéronautique, cette automobile était révolutionnaire par bien des aspects. À l’origine, son long capot est prévu pour accueillir un moteur 6 cylindres, mais tant le 6 cylindres en ligne de la 15 que celui à plat ne purent être adoptés, pour cause de mise au point. Son nom de code était « VGD » (Véhicule de grande diffusion1), la conception du projet étant lancée par le PDG de Citroën Pierre-Jules Boulanger puis son successeur Pierre Bercot2. Elle fut l’« attraction » du salon de l’automobile en 1955. Elle est dotée d’une ligne extrêmement audacieuse, qualifiée même de révolutionnaire, et d’un confort intérieur remarquable grâce à sa suspension hydropneumatique spécifique à la marque. La DS comporte également de nombreuses innovations technologiques qui la démarquent du monde de l’automobile de son époque en Europe : direction assistée, boîte de vitesses à commande hydraulique, freins à disque à l’avant, pivot de direction dans l’axe et, à partir des années 1968-1969, phares pivotants et introduction de l’électronique (moteur à injection). Innovation de sécurité importante : le volant de direction monobras, conçu pour éviter de briser la cage thoracique du conducteur en cas de choc frontal violent. Les DS 21 et 23 auront également les distances de freinage associées aux principales vitesses sur route rappelées sur le tachymètre.

Elle est, en 1999, élue par des spécialistes internationaux la meilleure voiture du XXe siècle. La DS est devenue aujourd’hui un véhicule de légende et un véritable objet de culte.